On entend souvent parler de l’alcool isopropylique sans trop savoir ce dont il s’agit exactement, alors faisons un petit point sur le sujet. Et oui, pour une fois nous allons parler chiffons.
Notion d’alcool #
Ce qui perturbe sans doute le plus c’est la notion d’alcool, et ce pour une raison bien simple : la définition de l’alcool varie en fonction du contexte dans lequel on s’exprime.
D’un point de vue purement chimique, l’alcool est une famille de molécules. Il en existe donc beaucoup de différentes, et parmi les plus répandus on trouve notamment :
- l’éthanol, également appelé alcool éthylique ;
- le méthanol, également appelé alcool méthylique ;
- l’alcool isopropylique, également appelé isopropanol, propan-2-ol, 2-propanol ou encore en anglais isopropyl alcohol (IPA) ;
- le menthol (oui, celui des chewing-gums, bains de bouche, etc.) ;
- le butan-2-ol, également appelé sec-butanol et que je vous autorise à amicalement surnommer banana-ol à cause de son odeur de banane.
Comme vous pouvez le constater, les alcools on généralement plusieurs noms. Et
encore je n’ai pas tout mis. Si vous voyez un composé chimique dont le nom se
termine par ol c’est probablement un alcool, et si vous ne le connaissez pas
faites donc une recherche car vous pourriez en réalité le connaître sous un
autre nom. Si vous vous demandez pourquoi tous ces noms n’ont pas été
standardisés, et bien sachez qu’ils le sont mais qu’il n’est ni
possible ni souhaitable de contrôler tout ce que les gens disent.
Dans cet article je continuerai donc à parler d’alcool isopropylique ou d’isopropanol plutôt que de propan-2-ol, bien que ce dernier nom soit celui qui est officiellement recommandé. Et si vous n’êtes pas d’accord avec moi, et bien commencez par montrer l’exemple et ne parlez plus jamais de menthol mais de (1R,2S,5R)-5-méthyl-2-(propan-2-yl)cyclohexanol. Oui, c’est le nom officiel du menthol, super facile à retenir et idéal à placer dans les conversations entre potes.
Bref, reprenons.
Dans le langage courant, lorsqu’on parle d’alcool sans plus de précision, on parle en réalité d’un alcool en particulier : l’alcool éthylique (éthanol). C’est cet alcool précis qui compose les boissons alcoolisées. C’est d’ailleurs pour ça que l’on parle d’un éthylotest, d’un éthylomètre ou encore d’un coma éthylique : ces termes sont dérivés du mot éthylique plutôt que du mot alcool, bien que pour l’éthylotest on puisse parfois également parler d’alcootest.
C’est également l’éthanol que l’on trouve en pharmacie sous le terme d’alcool modifié, à la différence que, comme son nom l’indique, il a été modifié en lui ajoutant des substances le rendant impropre à la consommation alimentaire. Le but de cette modification est d’empêcher que des gens ne détournent l’usage de ce désinfectant à des fins « récréatives ».
Il est à noter que l’on rencontre souvent des mélanges de plusieurs alcools qui prennent un nom qui laisse supposer à tort qu’il s’agit d’un type d’alcool à part entière. C’est par exemple le cas de l’alcool à brûler qui est un mélange d’éthanol et de méthanol.
En conséquent, l’alcool isopropylique est un type d’alcool parmi beaucoup d’autres et il est très différent de ce que l’on dénomme habituellement alcool.
Usages #
L’alcool isopropylique a beaucoup d’usages. Ses propriétés dégraissantes et décapantes en font un très bon nettoyant, d’autant plus apprécié qu’il s’évapore rapidement et permet donc de ne pas avoir besoin de sécher la surface nettoyée. De plus, il ne laisse pas de résidus, ce qui est particulièrement apprécié.
Il est ainsi très utilisé pour nettoyer le matériel électronique, y compris les écrans, mais également en mécanique vélo, notamment pour nettoyer les disques de frein, les jantes ou bien dégraisser des chaînes.
Beaucoup de marques (mais pas toutes) cherchent volontairement à vous le cacher en ne divulguant pas la liste de leurs ingrédients, mais l’alcool isopropylique est le composant principal des nettoyants pour lunettes. Vous pouvez donc arrêter d’acheter du nettoyant lunette hors de prix et le substituer par un simple spray d’alcool isopropylique qui vous servira également pour beaucoup d’autres choses.
Cet alcool étant un désinfectant, il est également très utilisé dans le domaine médical et para-médical pour désinfecter des surfaces. On entends parfois dire qu’il peut servir à désinfecter des plaies superficielles, cependant ce n’est pas très conseillé et pour ma part je n’essayerai pas.
Attention cependant, n’utilisez pas l’alcool isopropylique pour nettoyer ou désinfecter des surfaces en bois ou en cuir. En effet, étant un dégraissant, il s’attaquera aux éléments gras qui recouvrent et protègent ces matériaux. Il est cependant possible de l’utiliser pour nettoyer ou désinfecter un panneau de bois mélaminé dans la mesure où le bois est recouvert d’une feuille décorative imprégnée de résine.
Concentration et conservation #
L’alcool isopropylique se trouve majoritairement en 2 concentrations : 70% ou 99%. La concentration de 70% présente deux avantages majeurs : non seulement c’est elle qui désinfecte le mieux, mais en plus elle s’évapore moins vite, ce qui allonge la durée de conservation. À l’inverse, la concentration à 99% désinfecte moins bien et s’évapore plus rapidement. Ce dernier point peut cependant être un avantage dans certaines utilisations.
Notons que parfois les concentration en alcool est indiquée en degrés plutôt qu’en pourcentages, mais il s’agit en réalité de la même chose : un alcool à 70 % est un alcool à 70°. Si l’on souhaite être vraiment pointilleux il faudrait d’ailleurs parler de pourcentage volumique (% vol) par opposition au pourcentage massique (% mas). Et pour les degrés, il faut aussi noter l’utilisation, quasi exclusivement en France, du degré Gay-Lussac (° GL) qui est légèrement différent du degré « classique » ainsi que, chez les anglo-saxons, du degré Sykes qui est encore différent. En parlant des anglo-saxons, ces derniers mesurent également la concentration en alcool en utilisant l’« alcohol proof » dont la définition varie suivant les pays.
Afin de conserver son alcool isopropylique le plus longtemps possible, il faut veiller à limiter au maximum son évaporation. Pour cela, je recommande la méthode suivante : au quotidien, on utilise un petit contenant à pulvérisateur, ce qui évite l’évaporation. Et oui, les sprays n’ayant pas nature pas besoin d’être ouverts pour utiliser le contenu, ce dernier n’est donc pas en contact avec l’air et ne s’évapore donc pas. Bien entendu l’étanchéité n’est pas parfaite et il peut donc y avoir un tout petit peu d’évaporation, mais ça reste très faible, voir négligeable.
Lorsque ce pulvérisateur est vide, on le recharge avec un bidon d’une contenance plus importante qui n’est donc que rarement ouvert et n’a donc que peu d’occasions de laisser son contenu s’évaporer. Attention, tous les modèles de pulvérisateurs ne sont pas rechargeable, il faut bien choisir.
J’applique cette technique en utilisant de l’alcool isopropylique acheté chez un fournisseur de matériel médical afin d’avoir la concentration à 70%.
Où s’en procurer ? #
Dans la mesure où il est utilisé dans de nombreux domaines, on trouve l’alcool isopropylique un peu partout.
Dans les grandes surfaces de bricolage on le trouve aussi bien en concentration de 70% qu’en 99% :
Dans les magasins d’électronique c’est surtout une concentration à 99% qui sera proposé :
Chez les fournisseurs médicaux et en pharmacie on en trouvera surtout à la concentration de 70% :
Achetez où vous souhaitez, mais si vous souhaitez faire des économies en utilisant un pulvérisateur générique, pensez à indiquer dessus de quoi il s’agit ainsi que la concentration (exemple : « alcool isopropylique 70% »).