Gnome 3 avec Unity : les points noirs

Contrairement à beaucoup de ceux qui postent contre Unity, je ne suis pas un vieux trolleur des montagnes prônant sans cesse le "c'était mieux avant". Je suis toujours ouvert aux changements et apprécie les nouveautés, y compris concernant Unity que j'ai décidé d'adopter. Cependant, à force de l'utiliser je me rend compte de certaines de ses limites. C'est de ces nouvelles limitations que je vais parler ici.

Les applets

Une des première chose que je fais quand j'arrive dans un environnement gnome vierge, c'est d'installer le moniteur système afin de garder à l’œil l'activité du processeur, de la RAM et du réseau. Nouveauté d'Unity : impossibilité d'ajouter le moindre applet. Si je peux me passer de celui qui permet de tuer une fenêtre, le moniteur système je ne peux pas m'en passer. heureusement, il existe le logiciel indicator-multiload qui permet d'avoir ce moniteur système avec les petites icônes de logicielles. Certes j'ai mon indicateur adoré, mais j'ai quand même été obligé d'installer un nouveau paquet et je ne peux pas choisir son emplacement, je reste donc mitigé sur ce point là.

La barre de menu au top

À la place d'avoir notre barre de menu sur chaque application, cette dernière se fixe sur la barre fixe tout en haut de l'écran. Sur le principe c'est cool, avec un petit temps d'adaptation on s'habitue et on adopte. Cependant, avec le temps je lui ai découvert deux aspects négatifs.

Personnellement, j'aime répartir mes fenêtre sur mon grand bureau et chacun à une place qui me simplifie son accès. Parmi ces fenêtres, j'en ai une de petite largeur située tout à droite de mon écran. Du coup,lorsque je veux accéder à son menu pendant que je l'utilise, mon curseur est obligé de traverser la quasi-totalité de mon écran. L'élongation significative du trajet entre mon application et mon menu me rend l'usage de la souris vraiment déplaisant. J'ai la désagréable impression qu'on me demande de m'adapter moi alors que j'ai toujours adapté mon environnement de travail à mes besoins et caprices.

En second point, je suis amateur de photographie. Dans cet objectif, j'utilise The Gimp pour retoucher mes photos. Gimp, l'application bien connue pour ses trois fenêtres. Il se trouve que cette application pose un gros problème. Dès que, sur une fenêtre, je trifouille mes calques, je perd le menu permettant d'agir sur mon calque/image. Il faut que je passe par un click intermédiaire sur la fenêtre de mon image pour le retrouver. Étant donné que je jongle beaucoup entre l'agencement des calques et les effets appliqués à ces derniers, je suis sans cesse à devoir faire de click intermédiaire qui devient franchement gênant à la longue et ralentis mon travail.

Le menu unique "intelligent"

Lorsque j'ai débuté dans le monde de GNU/Linux, je me suis naturellement mis à explorer le menu de gnome 2 et découvrir toutes ces applications qui m'étaient proposées. Quand j'avais besoin de personnaliser mon environnement de travail je regardais la liste des applications et ouvrait celle qui semblais le plus adaptée à mes besoins. Avec le temps j'ai vu des changement intervenir sur ces applications, plusieurs ont été fusionnées en une seule et choses de ce genre. mais ce n'était pas grave, avec ma liste de choix je trouvais toujours ce dont j’avais besoin simplement en lisant ce que l'on me proposais. Désormais avec Unity on me propose un menu qui a l'air intelligent. Le classement de toutes mes applications en menus et sous-menus a disparu, reste simplement un simulacre qui mélange absolument tout car ne prend pas en compte le rôle de l’application mais son état (souvent utilisé, installé, dans les dépôts). En contrepartie, on me propose un menu de recherche assez efficace. je garde de son utilisation les pires cauchemars. En effet, au lieux de lire ce que l'on me propose, je dois déjà connaître ce que je recherche : il me faut un mot clé. Ce point peut paraître négligeable, mais quand on ne retient pas le nom des logiciels en question on se retrouve souvent comme une poule devant un peigne. Certes, avec un peu de réflexion on arrive à trouver ce que l'on cherche, mais parfois avec un peu de mal. Un exemple : si je veux modifier ma résolution d'écran, qu'est-ce que je tape ? Pour ma part le mot clé "screen" (j'utilise Ubuntu exclusivement en anglais) me semble adapté. On me propose alors les choix suivants : lock screen, screen, orca screen reader, appearance, displays et universal access. Mon souvenir des icônes de logiciel m'aide grandement et je peux choisir, avec raison, le programme displays, qui était quand même l'avant-dernier choix. Pas si performant que ça le moteur de recherche. Un autre exemple ? Si je tape "internet" comme mot clé je n'ai que deux résultats : "Empathy internet" et "Kvirc 4". le premier est le logiciel de messagerie instantanée installé par défaut, le second est mon client irc habituel que j'ai installé. Aucune trace de toutes les applications qui étaient dans la catégorie internet des menus de gnome. Ça peut paraître bête, mais quand j'ai voulu retrouver le nom d'un navigateur internet (epiphany), c'est le mot clé "internet" que j'ai pensé à taper en premier et non "browser".

Pour en revenir à mes débuts sur GNU/Linux, je m’imagine si je devais débuter aujourd'hui. Alors qu'autrefois j'ai exploré les possibilités qui m'étaient offertes grâce au menu, comment est-ce que j'aurai pu faire aujourd'hui ? Impossible de me faire une image rapide de ce dont je dispose. Je pense que je serais resté les yeux écarquillés devant mon écran sans savoir quoi faire et serais vite retourné sous windows. Quoi ? Vous vous seriez attendu à ce que je me mette à taper tous les mots qui me passent par la tête dans le menu de recherche, y compris ceux que je ne connaissais pas et qui auraient été mes premiers sujets de recherche de documentation ? Rien que pour cette raison, je trouve Unity totalement inapte pour les néophytes. parce que l'on ne sais pas toujours ce que l'on recherche vraiment, il faut proposer dans des catégories claires et non demander ce que l'on ignore.